Le Conseil municipal du 22 avril avait pour objet principal le Débat d'Orientation Budgétaire (DOB) qui trace grandes les lignes des orientations du prochain budget municipal (pour 2014).
La majorité (de Droite) à voulu en faire un procès contre le Gouvernement (de Gauche) qui contraint les collectivités territoriales.
Évidemment, et de façon magique, les "as" de la majorité arriveraient, malgré un fatras de chiffres ou de pourcentages distillés de façon à rendre confus la lecture, à ne pas augmenter l'impôt à Thiais.
Décryptage par les intervention de vos 2 élus dans l'ordre de leurs interventions.
L'intervention de Laurence LE SOUFFACHÉ :
Nous sommes en effet dans une
période de crise économique, écologique sociale et politique et comme je vous
l’ai déjà indiqué en commission, je ne partage pas votre posture vis-à-vis du
gouvernement actuel visant à leur attribuer l’entière responsabilité de cette
dernière. Pour préciser, la dette Française a débuté dans les années 1970 avec
les chocs pétroliers de 1974 et 1979. Je
vous signale le rapport du CESE écrit par Michel LAMY en juin 2012 sur « la
Dette : un pont entre le passé et l’avenir » qui effectue une bonne
présentation de l’historique. Oui La France vit depuis 40 ans au dessus de nos
moyens et la relance annoncée par les économistes libéraux n’est jamais venue. L’état
essaye de réduire ses dépenses et la dette depuis de nombreuses années mais le
système économique mondial n’est en faveur que des plus riches (à voir les taux
d’intérêts proposés à la France depuis la perte de son triple A) et le nombre
de pauvres qui augmentent en France.
Nous avons donc à gérer tous ensemble cet état de fait et aller à
l’essentiel comme vous l’avez indiqué Monsieur le Maire dans votre lettre de
remerciement aux Thiaisiens reprenant les principaux projets (déjà mentionnés
dans le DOB 2013) qui vont être soumis à vote aujourd’hui mais sans donner
d’échéances hormis pour la navette qui arrivera en Automne et non plus à la fin
du premier semestre 2014 comme vous l’avez écrit dans le bilan de votre mandat
précédent.
Vous avez à cœur de mettre en œuvre
votre programme et c’est normal mais en
tant que conseillère de l’opposition j’ai le devoir de mettre en évidence les
non-dits de votre document. Je dénonce
donc votre approche court terme avec absence de prise en compte du passé et du
futur annoncé.
Les communes ont été protégées par la fameuse règle d’Or imposant de
disposer de budget prévisionnel équilibré mais l’État a annoncé il y a
plusieurs années que les communes devront participer à la réduction de la dette
nationale et être solidaires entre elles. Je vous livre sur ce dernier point
cette pensée d’Albert Camus : « La démocratie, ce n’est pas la loi de la majorité,
c’est la protection de la minorité ».
Pour le budget 2014, vous avez retenu de ne pas augmenter les impôts, ni ne
recourir à un emprunt supplémentaire et vous équilibrez vos dépenses notamment
par la vente d’un des terrains appartenant à la ville (ici projet de vente du
terrain devant le CES Albert Camus : ressource qui ne sera pas disponible
plus tard), vous évitez également une dépenses liée à la non programmation
culturelle du fait de la fermeture du théâtre. Vous allez renégocier vos
contrats. J'ai pris enfin acte de la non prise en compte de la réforme
scolaire pour la rentrée 2014/2015 (400k€ évités).
Compte tenu de ces éléments je m’interroge sur la pérennité de votre
montage budgétaire sur la durée du mandat et au delà. Est-ce que la variable
d'ajustement de vos budgets est la vente de terrains appartenant à la
commune qui s'appauvrit ainsi au fil des ans ?
Je n’ai pu enfin obtenir de votre part, malgré ma demande écrite, le
programme pluriannuel d’investissement. Je demande que cet outil de gestion
communal soit mis en place pour permettre d’avoir une vision prospective des
possibles et de choix éventuels à opérer en lien avec les Thiaisiens.
L'intervention de Philippe PATRY :
Dans cette évocation des orientations budgétaires, vous évoquez le poids
des prélèvements obligatoires, mais vous oubliez de mentionner que le
pays souffre d’abord de sa dette, et les prélèvements obligatoires,
hélas, n’en sont qu’une des conséquences. Entre 2002 et 2012, la dette a
doublé en France, en passant de 910 milliards à 1 840 milliards
d’euros. Entre les années 2007 et 2012, la dette de l’État a augmenté de
635 milliards d’euros, soit plus de 100 milliards d’euros par an. Et
ça, c’est ce qui pèse aujourd’hui sur l’État, et en voie de conséquence,
le gouvernement ayant pour vocation de faire changer cette tendance,
évidemment, sur tous les corps, partenaires, et donc les finances de la
Ville aussi, en subissent, hélas, les conséquences. Mais Thiais n’est
pas exempte de critique non
plus, la dette de la Ville a augmenté de 44.8% entre 2008 et 2012, soit de
18 millions d’euros. Les recettes d’impôts locaux ont augmenté aussi de
façon significative, 23.8% entre 2008 et 2012, soit par exemple pour
2012, 2.5% ce que seront les impôts des Thiaisiens. Mais, force est de
constater, que nous ne sommes pas dans une Ville où l’impôt n’évolue
pas, et ne pèse pas sur les Thiaisiens.
Télécharger le PV du 22 avril 2014